Goutelettes argentées, ruficaudas, bichenows ou encore perruches omnicolores rubino ne sont pas les noms des tout derniers sorbets à la mode. A becs et à plumes colorées, tous ces volatiles peuvent être rencontrés place Louis Lépine, chaque dimanche, sur l’île de la Cité, là où le reste de la semaine se tient le plus connu marché aux fleurs.
Ce marché n’est ni plus ni moins qu’une vaste animalerie à ciel ouvert consacrée aux oiseaux. On y trouve toutes sortes d’étals plus ou moins fournis. Cages où gigotent et piaillent les bestioles, énormes sacs de graines de toutes sortes, il y a à peu près
tout ce dont peu rêver un passionné de canaris ou de perruches. On retrouve quelques habitués (et notamment des gitans qui culturellement s’y connaissent pas mal en canari). Certains ornithophiles se promènent avec leur propre cage. D’autres, plus louches, tentent de vendre leurs deux ou trois piafs sur le trottoir.
En tout cas, pour les intéressés, il y a des espèces assez peu courantes, comme par exemple des magnifiques diamants de gould aux couleurs surréalistes. Si jamais il vous prenait l’envie d’offrir un cadeau empoisonné à une personne que vous n’aimeriez pas vraiment, rien ne vous empêcherait d’acquérir une stupide perruche pour seulement 8 euros et de la lui refourguer bien sournoisement. Par contre po
ur un diamant de bichenow, comptez plutôt 45 euros, et même 130 euros pour une perruche rubino.
Quand il s’agit de canaris (en moyenne 25 euros), il ne faut pas non plus faire n’importe quoi. N’allez surtout pas faire cohabiter un malinois avec un mulet par exemple. Le premier perdrait son chant spécifique en imitant le chant du dernier. Pour toutes informations supplémentaires, les vendeurs sont évidemment là pour vous renseigner. Et si l’envie vous prenait, vous pourriez même jeter un petit coup d’œil aux rongeurs et aux furets qui se trouvent au bout de la galerie. Puis, avec une extrême audace, caresser quelques lapins amorphes.















