La Pâtisserie Viennoise de l’école de médecine, ou Ce que le monde doit à l’Autriche

Les plus fidèles fans d’ Esprit de Paris ont sans doute remarqué une petite baisse de régime dans nos publications ces derniers temps. Aussi, Panckoucke et moi,  conscients du manque que cela a pu occasionner chez certaines personnes, et pris d’une nouvelle envie de découverte et de partage, voulions depuis un moment reprendre du service. Nous avons donc décidé de parier sur l’avenir et de renouer avec le standard de la publication bihebdomadaire. Les mises à jour auront plus précisément lieu mardi et vendredi de chaque semaine (aujourd’hui faisant exception), dans l’idée de correspondre à l’agenda moyen des loisirs des Français (mercredi et samedi donc).

Pour saluer ce renouveau, nous avons décidé de nous faire plaisir. Nous vous emmenons en effet dans ce qui s’apparente peut-être à la meilleure pâtisserie de la capitale. Rendez-vous dans le 6ème arrondissement, 8 rue de l’école de médecine, à la commodément nommée Pâtisserie Viennoise.

On ne va pas faire compliqué : c’est délicieux, pas trop cher, mignon et bien situé. A deux pas de la place Saint-Michel, de la Sorbonne ou d’Odéon, cette petite boutique ouverte en 1928 et spécialisée dans les pâtisseries de l’Est a le premier mérite d’afficher des prix légèrement en dessous de ce qui se fait dans le quartier. Un bon point surtout que les produits proposés ne se trouvent pour certains nulle part ailleurs. Tarte pavot-myrtilles, croûte à thé pistache-amande, tarte viennoise pommes-cannelle ou encore tarte aux noix, comptez entre 2,80 euros et 3,50 euros la part. Vous trouverez aussi d’autres noms aux consonances plus ou moins familières. Entre strudels, kiflis (croissants fourrés) ou autres stanglis (sortes de sablés moelleux aux noisettes), il y a de quoi découvrir de nouvelles saveurs. A noter que la tarte aux noix remporte pour moi haut la main le prix de la pâtisserie la plus savoureuse. A moins que ce ne soit la démoniaque tarte pavot-myrtilles qui a rendu fou l’ami Panckoucke…

Evidemment, pour faire passer tout ça, la maison propose une série de boissons chaudes, allant du classique chocolat liégeois à un surprenant thé de Chine fumé (pour info, ça a une odeur de feu de bois, un goût assez fort sans être amer). Comptez un peu plus de 4 euros en moyenne pour vous hydrater le gosier.

L’intérieur est quant à lui très exigu. Donc douillet et charmant, mais aussi très bruyant et infréquentable en heure de pointe. Nous vous conseillons vivement d’y aller en début d’après-midi, en début de soirée ou même le matin, mais surtout pas entre 16 heures et 18 heures ! L’idéal étant d’y aller à trois ou moins, car au-delà de ce nombre riche en signification, vous ne pourriez pas vous asseoir à tous les coups. Par ailleurs, dès qu’il y a du monde, le service est un peu cavalier (pour ne pas dire désagréable).

En résumé, la Pâtisserie Viennoise est l’endroit idéal du quartier latin pour s’offrir une bonne collation à prix très raisonnable, que ce soit entre amis ou pour impressionner une âme convoitée. Et si avec ça, vous ne lui en mettez pas plein la vue, moi je rends mon tablier. Voilà, c’est dit.

Infos pratiques : Ouvert du lundi au vendredi, de 9h à 19h. Pas de pâtisseries à l’heure du déjeuner (oui, l’établissement fait aussi le repas du midi. A voir donc.)

Une part de gâteaux + une boisson chaude = entre 7 et 8 euros.

Sarrasin, caramel et beurre salé : La Bretagne se croque à République

Parmi la longue liste de merveilles que doit la France à la Bretagne figurent notamment la crêpe au sarrasin et le caramel au beurre salé. Deux insanités que nous avons testées dans la crêperie « Houblon et Sarrasin », 92 rue René Boulanger, à deux pas de République. Ce restaurant avait déjà retenu mon attention un an plus tôt pour son aspect chicos et sa large palette de tarifs. Nous y sommes retournés pour vérifier que rien n’avait changé.

Petite rue quasi-piétonne, vue sur la porte Saint-Martin côté terrasse. Banquettes moelleuses, teintes chocolatées, matières brutes et lumières diluées à l’intérieur. Premier point, on est bien installé dans ce restaurant. L’aspect pouvait faire craindre une note un peu salée (et on sait bien qu’il ne faut pas manger trop salé). Et à vrai dire, si on le souhaite, elle peut l’être. La grande force de ce restaurant étant à mon sens que le panel de galettes proposé est très varié, tant au niveau des ingrédients que des prix. Les crêpes sarrasin les plus perfectionnées peuvent certes aller jusqu’à une douzaine d’euros mais la plus simple ne vous coûterait pas plus 4 euros. Entre les deux, il y a des crêpes très honnêtes malgré leurs noms suspects. Pour sa part, Panckoucke a sélectionné une efficace Bretonne (7,50 euros), œuf, fromage et succulente saucisse en morceaux. En ce qui me concerne, j’ai jeté mon dévolu sur une Quimperlé (6,50 euros), poireaux à la crème. C’était très bon. Pâte goûtue, légère et croustillante. Petite réserve toutefois, ma crème aurait mérité d’être plus relevée. Ca manquait un peu de fumet à mon goût, c’est dit.

A peine vidée, l’assiette est débarrassée avec une diligence peu commune, et ce malgré la présence de nombreux clients. Même chose pour l’eau, à peine versez-vous les dernières gouttes de la carafe qu’on vous la retire littéralement des mains pour vous en ramener une nouvelle. Un peu oppressant sur les bords mais au moins c’est rapide. Notez par ailleurs que les assiettes sont toujours servies simultanément (ce qui pour moi est le b.a.-ba du service mais n’est malheureusement pas toujours suivi partout).

Côté dessert, Panckoucke a opté pour une crêpe miel-noix (4,80 euros) tandis que je choisissais pour ma part l’incontournable crêpe au caramel et beurre salé (4,90 euros). Autant le dire, cette dernière est une véritable tuerie. Pour en avoir goûté un certain nombre, je peux vous assurer que celle-ci méritait de se damner sur-le-champ. Encore une fois, si vous désirez une simple beurre sucre, il vous en coutera 3,50 euros tandis que les plus fournies se monnaient pour environ 7 euros. Au final, comptez entre 11 et 13 euros pour deux très bonnes crêpes, un cadre branchouille et des serveurs aux aguets.

La note bonus de Panckoucke : Didier Bourdon des Inconnus aime manifestement les crêpes, il était dans la salle ce soir là.

L’autre note bonus de Panckoucke : Le port de la barbe de trois jours bien taillée (façon François le Breton de la Nouvelle Star) semble faire partie de la tenue de travail obligatoire (au moins pour les hommes).

L’ultime note de Panckoucke : Il y a aussi une carte des cidres plutôt riche, pour les amateurs.

L’image bonus : Un siège d’attente dans les toilettes qui a l’air tant spartiate que confortable.

La chouquette Mulot se laisse croquer

Je ne sais pas si les femmes aiment tant la nourriture que ça mais à chaque fois que j’ouvre un magazine féminin, je tombe sur un top 10. Meilleurs macarons de Paris, meilleures tartes au citron, meilleurs kouign amann. Soigneusement découpées, chacune de ces listes est pliée en quatre, toujours sur moi, je ne sors jamais sans elles.

C’est qu’il y a des jours où, en pleine marche, une envie de trucs moelleux / croustillants et sucrés vous happe. Rapide calcul et on localise la pâtisserie la plus proche. Ce coup-ci, c’est l’établissement d’un certain Gérard Mulot qui a été tiré au sort, 6ème arrondissement, 76 rue de Seine. La liste des 10 meilleures chouquettes de Paris me l’indiquait.

L’échoppe fait plutôt dans l’ambiance traiteur de luxe (on est à Saint-Germain hein), mais à 40 centimes d’euros la chouquette, je crois qu’on ne peut pas parler de vol. Il s’agirait même plutôt d’une bonne affaire à mon avis. Pas de doute, nous n’avons pas affaire à n’importe quelle chouquette. Celle-ci ne dégouline pas de sucre fondu, elle n’a pas l’air d’un ballon de baudruche fatigué, elle est fière et, si elle avait un regard, elle s’en servirait pour vous défier. Panckoucke, qui en a vu passer des chouquettes, n’a pas été déçu lui non plus. Elle se tient bien, elle a une belle forme bien rondelette, les cristaux de sucre croustillent, la pâte à choux est à la fois croquante et onctueuse (oui oui). Bref, c’est pas de l’arnaque quoi. A l’occasion, Panckoucke vous l’autorise, notez donc la pâtisserie Gérard Mulot dans votre petite liste.

La note bonus : En réalité, c’est la pâtisserie « Carton » au 6, rue de Buci (6ème) qui avait d’abord été tirée au sort mais il y avait rupture de chouquettes. Bon signe ?

L’autre note bonus : Elles avaient l’air tellement bonnes ces petites bouboules que nous avons complètement oublié de les prendre en photo. L’image proposée ici ne représente pas les chouquettes Mulot. Veuillez ne pas chercher à découvrir leur identité.

Où trouver des bonbons chinois interdits et dangereux pour la santé

White Rabbit. Derrière ce nom plein de promesse se cache un bonbon. Un bonbon chinois fabriqué par le confiseur Guangshengyuan, ou Bright Food Co. C’est un bonbon au lait un peu mou, l’équivalent solide d’un lait concentré, en moins bon. C’est aussi un produit dans lequel on a trouvé des traces de mélamine, un composé toxique également présent dans du lait en poudre frelaté qui avait causé la mort de plusieurs bébés en Chine et avait provoqué un scandale sanitaire mondial. Comme généralement, une société n’aime pas voir ses bébés mourir, les petites friandises ont été retirées de la commercialisation en septembre 2008, en Chine et dans la plupart des pays où elles étaient exportées, France comprise.

Il suffit de demander à un vendeur de Tang Frères, supermarché spécialisé dans les produits asiatiques, pour en avoir la confirmation. Pourtant, si l’on quitte le quartier chinois du 13ème pour celui du 18ème (là où les rues de Torcy, de l’Evangile, de Marc Séguin et de la Madone s’entrecroisent (métro 12 Marx Dormoy)), il y a un supermarché où l’on peut s’en procurer un paquet sans mal pour 1.50 euros et dans la plus complète discrétion. Simplement disposés dans les rayons du Supermarché de la Madone, même pas périmés, quelques petits Lapins Blancs vous scrutent de leurs yeux de chafouins tout rouges. Déjà, ça n’inspire pas confiance. En regardant en haut à droite du paquet, il y a le même lapin, mais cette fois avec dans son dos ce qui s’apparente à un énorme champignon hallucinogène rouge et jaune.

Pas très engageant, mais j’en ai pris une dose. Mieux que ça, j’en ai goûté ! Quatre ou cinq. Première constatation : autour du bonbec, il y a une sorte de pellicule collée. On dirait du plastique. Mais en regardant la liste des ingrédients, j’ai appris qu’il s’agissait vraisemblablement d’un « edible glutinous rice paper », du papier de riz gluant comestible quoi. Effectivement, le truc se dissout au contact de la salive. Bon, franchement, c’est pas tout à fait mauvais. Il y a comme un effet addictif. Si on parvient à détourner son regard des diverses représentations de lapins qui recouvrent l’emballage (ceux en bordure du papier ont l’air particulièrement diabolique), ça se laisse manger.

Disons que faute de véritable goût, c’est seulement pour celui de l’interdit qu’on s’achètera des White Rabbit. Si effet secondaire létal il y a, j’essaierai de vous en informer avant de périr.

 

MàJ : Il semblerait que l’interdiction soit maintenant abolie puisque rien n’a fait preuve de la dangerosité de ce produit. Vous pouvez à présent en consommer sans risquer votre santé, ce qui en enlève un peu le piquant vous ne croyez pas?

Six macarons, rue des Martyrs

Un macaron. Plusieurs macarons. Et de toutes les couleurs ! Une boulangerie un peu chicos. On salive, on se demande si le jeu en vaut la chandelle. Mais à moins d’avoir une bonne paire de jumelles, impossible de distinguer le prix de ces petites mignardises géniales à travers la vitrine.

Alors, il faut oser entrer. Nous sommes au 39, rue des martyrs (9e) chez Arnaud Delmontel, boulanger-pâtissier primé à plusieurs occasions, à la fois pour son pain et pour ses friandises. Panckoucke me bafouille à l’oreille (la salive n’aidant pas à l’articulation) que cette échoppe, baptisée « A la Renaissance », était déjà une boulangerie avant que Delmontel ne s’y installe en 1999. « On y pétrit le pain depuis 1875 ! » s’exclame mon cher homme de lettre.

Sur l’étal des macarons, puisque c’est de cela qu’il est question ici, une affichette indique le tarif de 6 euros 30 les 100 grammes (oui, des euros. On ne peut rien acheter avec son âme ici). La caissière nous informe que ce poids équivaut à environ six de ces petits trésors. J’en obtiens autant pour 7 euros 24 (1.20 l’unité donc), mais sans rancune. L’important, c’est le goût non ? A défaut de pouvoir les manger de suite, je n’ai pu que les observer sur le trajet du retour. Oui, je les ai regardés se fissurer et s’émietter progressivement  sans pouvoir y faire quoi que ce soit. Pas bien solides mais dégâts toutefois limités. Il me reste à vous dire le principal. C’est très bon. Croûte croquante, intérieur fondant et des arômes pas synthétiques pour un sou. Pas de doute, on utilise du vrai chocolat, du vrai citron, ou de la vraie banane pour produire ces si fragiles macarons. A l’occasion, pour se faire plaisir (et pour sombrer un petit peu plus dans le vice), on y repassera, d’autant que chaque mois, de nouveaux parfums sont proposés et que les autres sont déjà plutôt nombreux à eux seuls.

Le préféré de Panckoucke : caramel et fleur de sel

L’incontournable : chocolat

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