Très petite virée au musée des automates

Panckoucke a toujours été fasciné par les automates. Et pour cause, il était contemporain d’un certain Jacques de Vaucanson, artisan génial qui fabriquait des automates très impressionnants, à une époque ou ni l’électricité, ni l’usage de carburants n’étaient répandus. Panckoucke a soudainement voulu voir des automates pour se rappeler son époque et m’a naïvement entraîné au 11 rue Saint-Paul, où se situe outre le musée de la magie, le musée des automates de Paris. Les spectres ne payant pas l’entrée, j’ai dû pour ma part débourser 6 euros pour voir de quoi il retournait. Pour ne pas tourner autour du pot, sachez que cette somme, à l’heure où je vous parle, me reste encore en travers de la gorge.

Des automates, il y en a certes. Ils sont d’ailleurs quasiment tous actionnables grâce à des petits boutons savamment disposés. Il s’agit d’automates populaires. La première salle par exemple, est dédiée à des cibles de fêtes foraines. Lorsqu’un joueur touchait au but, un mécanisme de balancier devait se déclencher. La plupart du temps, il en résultait une mise en scène plutôt grivoise. On peut donc imaginer qu’avec suffisamment de dextérité, les joueurs pouvaient faire tourner une lune pour découvrir derrière une dame cul-nu. Le jeu de mot ne vous aura pas échappé.

Ensuite, il s’agit plutôt d’automates à forme humaine. Et enfin, parce qu’il n’y a que trois salles, dans la dernière d’entre elles, il s’agit de figurines. On peut y voir deux bucherons sciant un tronc, des singes jouant du violon ou encore un petit navire voguant sur une mer de bois. C’était amusant, kitsch sur les bords, un peu intéressant, mais redoutablement court ! Inutile de dire qu’on l’a un peu mauvaise quand ayant fini la visite, on se rappelle qu’à peine un quart d’heure plus tôt on a allégé son porte-monnaie de 6 euros. Cher la minute.

Encore, s’il y avait eu une ou deux pièces particulièrement spectaculaires pour nous consoler… Mais là, pour être honnête, et c’est une première sur EdP, je ne recommande pas l’entrée de ce musée. Préférez-lui la section dédiée du musée des arts et métiers qui a le premier mérite de couvrir d’autres thèmes et surtout d’être gratuit pour les moins de 25 ans. Et si vous passez par Grenoble, allez plutôt visiter le musée des automates de la ville et découvrir les pièces de Vaucanson. Et apparemment, si j’en crois son site officiel, le musée Dauphinois (toujours à Grenoble donc) propose même une exposition sur les créations de notre homme : Vaucanson et l’Homme artificiel.

La note bonus de Panckoucke : Sachez toutefois qu’un tarif de 12 euros (au lieu de 15) vous permet de visiter à la fois le musée des automates, et celui de la magie (en sachant qu’un spectacle est donné dans ce dernier).

Publié dans : on 22 février 2011 at 16:57  Laisser un commentaire  
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Le portail esseulé de la rue Beautreillis

L’architecture parle à notre subconscient, et ce n’est pas Panckoucke qui me contredira sur ce point. Un escalier qui s’enfonce sous terre, un balcon, une arche, une passerelle sont autant d’ouvrages qui attirent immanquablement notre regard. D’une façon ou d’une autre, ces formes parlent à la cervelle humaine.

Alors forcément, lorsqu’au détour d’une rue, on tombe sur un vieux portail délabré qui dénote complètement avec son environnement et qui ne semble déboucher nulle part, difficile de ne pas le remarquer. C’est ce qui devrait vous arriver si à l’occasion vous passez par la rue Beautreillis (en plein marais). Vous y croiseriez le dernier vestige d’un certain Hôtel Raoul. Sur le côté est affichée l’adresse url d’un site dédié à l’histoire des lieux.

Un site web (clic!) certes complet mais pas extrêmement clair, les textes laissant la désagréable sensation de tourner autour du pot sans traiter le centre de son sujet. Pour résumer, on peut dire que la construction de l’hôtel remonte au début du XVIIème siècle. Il se situait sur l’ancien emplacement du palais royal de Charles V, appelé au départ Hôtel royal Saint-Pol. C’était un complexe fortifié qui a été progressivement démembré (François 1er aurait achevé de vendre les hôtels aux aristocrates).

En clair, le bâtiment a connu de nombreux propriétaires successifs, dont Jean-Louis Raoul, fabricant de limes, qui achète l’hôtel en 1810 et lui donne son dernier nom. Dans les années 1960, l’hôtel a été détruit pour faire place à de nouveaux logements. Enfin, nous devons le sauvetage du portail à un certain Laprade, architecte en charge de l’aménagement du marais à cette époque. Dingue, hein ?

Autrement, une horloge qui date du milieu du XIXème siècle a été conservée et a été accrochée juste à côté du portail. Elle n’indique plus l’heure. Il s’agit de l’ Horloge aux Dauphins. Avant de partir, resterait à tenter de passer le porche en espérant que de l’autre côté les lieux soient restés en l’état. Ce qui serait assez surnaturel et cool dans le genre hein ?

Nouveaux éléments sur le 1 bis fictif rue Chapon

Les premiers habitués des publications d’ EdP ont peut-être déjà entendu parler de l’adresse fictive du 1 bis rue Chapon.  Sur une façade en contreplaqué, une plaque y indiquait, et a priori indique toujours, « JB & SB Spécialistes », sans plus de détail. Nous n’avions alors pu ni identifier les auteurs ni élucider le mystère de cette porte trompeuse. Jusqu’au message laissé par un de nos lecteurs (grâce au petit mot que nous avions laissé dans la boîte aux lettres ?) qui nous indiquait le site de l’artiste responsable. Que vous pourrez consulter en cliquant ici. Pour voir le processus de construction, c’est ici.

JB est donc Julien Berthier, et son complice SB est Simon Boudvin. A présent, rien ne vous empêche de consulter les autres agissements de ces petits malandrins.

Une Bijouterie et des Paons au musée Carnavalet

Nous vous parlions tout récemment de la rigolote salle aux enseignes du musée Carnavalet, musée consacré à l’histoire de Paris. Comme promis, cette présente publication traitera d’une autre salle du musée qui à bien des titres mérite le détour. Rendez-vous dans la section XXème siècle, continuez-y tant que vous le pourrez car le sujet qui nous intéresse se situe au fin fond d’un couloir, qui se révèle être un cul de sac.

Il s’agit de la reconstitution de la bijouterie d’un certain Georges Fouquet, véritable hymne à l’art nouveau. Vous voyez à quoi ressemblent les bouches de métro conçues par Hector Guimard ? Celles Aux lampadaires rouges qui ont des allures de plantes de métal torsadées. Voilà à quoi s’apparente le style art nouveau, que l’on peut situer à cheval entre le XIXème et le XXème siècles.

Pour le coup, c’est à un Tchèque, Alphonse Mucha (prononcez « mourha » en insistant bien sur le R), que l’on doit l’ouvrage. Mucha et Fouquet avait en effet déjà collaboré sur une série de bijoux qui ont rencontré un certain succès à l’occasion de l’exposition universelle de 1900 (qui s’était d’ailleurs tenue à Paris). Pour les accompagner, Georges a demandé à Alphonse de concevoir cette boutique. Et on sent que le bougre s’en est donné à cœur joie. Mosaïques dorées au sol, sculptures mythiques, représentations florales et animales, le style se veut pour le moins foisonnant. Lors de son ouverture au 6 rue Royale, en 1901, la boutique est en tout cas très moderne. Toutefois, son succès ne s’est pas inscrit dans la durée car en 1923 Fouquet la fit démonter.

Dans les rues de la capitale,  ce genre de pièces est tout bonnement introuvable de nos jours (de mémoire de macaque en tout cas). Qui oserait décorer sa boutique d’un paon de bronze aujourd’hui, je vous le demande ! N’hésitez donc pas à visiter ce vestige (oui, car on peut bel et bien y entrer) d’une architecture éphémère dans l’Histoire, et qui d’un certain côté, a une certaine gueule, disons-le ! Ah oui, et zieutez donc les portraits de femmes sur la façade qui font furieusement penser à des personnages de bande dessinée avant l’heure. Oui, furieusement.

Infos pratiques :

Musée Carnavalet

23, rue de Sévigné, 3ème arrondissement

Entrée libre

Ouvert du mardi au dimanche (sauf jours fériés), de 10h à 18h.

Site officiel : Clic !

Le Palais du Commerce, Galerie plus si Marchande

On ne peut pas dire que Paris soit une source inépuisable d’architecture art déco. Par conséquent, quand un immeuble du style émerge entre deux immeubles haussmanniens ou rambutéens, il ne passe pas inaperçu. A titre d’exemple, la construction du 105 de la rue du Faubourg du Temple attire le regard. Galerie couverte et plus ou moins marchande, on y lit une inscription sur le fronton : « Palais du Commerce ».

Si commerces toujours il y a au rez-de-chaussée, les étages supérieurs abritent à présent de jeunes entreprises. Et ceux qui se fieront aux pancartes se verront même l’accès interdit à partir du 1er étage. Notez simplement que cette galerie a été construite par un certain architecte Ferdinand Bauguil entre 1923 et 1924. Elle a abrité des commerces et des ateliers qui furent en partie abandonnés avant que le bâtiment ne soit réhabilité par un certain bienfaiteur – entrepreneur au nom qui ne vous évoquera rien.

La chose s’élève sur deux étages, ceints par des coursives intérieures. Comme le veut le style, l’immeuble est orné de vitraux qui laissent entrer la lumière et d’une ferronnerie aux motifs géométriques. Ce qui en résumé, en fait un bâtiment assez aérien et aéré. Si vous passez par ici (entre République et Belleville donc), n’hésitez pas à braver la pancarte pour faire un petit tour du propriétaire.

La note bonus de Panckoucke : Il paraîtrait, selon les dires d’un vieux singe instruit, qu’au sous-sol, la Java, bal musette, aurait vu débuter une certaine Edith Piaf.

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